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Article Midi-Libre : Natan Gomez, un Cévenol sur le podium du concours régional d’éloquence

Natan Gomez, un Cévenol sur le podium du concours régional d’éloquence : « Si j’avais pu le crier sur les toits, je l’aurais fait ! »

Société, Education, Alès, Occitanie

Cet élève du lycée Pasteur de La Grand-Combe, âgé de 17 ans et domicilié à Saint-Privat-des-Vieux, près d’Alès, a brillé lors de la finale de cet événement, organisé notamment par la Fondation Groupe Dépêche.

« Sachant que les vacances scolaires sont passées, je suis redevenu un élève “normal” », sourit, dans la matinée de ce mardi 27 février, Natan Gomez. « Mais le jour d’après, tous les profs me félicitaient. J’ai essayé de ne pas prendre la grosse tête ; j’ai pris sur moi. Si j’avais pu le crier sur tous les toits, je l’aurais fait ! » Jeudi 8 février, au théâtre des Cordeliers d’Albi (Tarn), cet élève de 17 ans, inscrit en 1ère ÆPA (Animation, enfance et personnes âgées) au lycée professionnel privé Pasteur, à La Grand-Combe, a porté haut les couleurs de son établissement, voire des Cévennes.

Un concours sous le parrainage de Me Robert Spano

Ce jour-là, il a décroché le troisième prix ex æquo de la 16e édition du concours régional d’éloquence, organisé par la Fondation Groupe Dépêche et les rectorats des académies de Toulouse et Montpellier, avec le soutien du conseil régional d’Occitanie et de la commune albigeoise, sous le parrainage de Me Robert Spano, président de la Cour européenne des Droits de l’Homme (2020-2022).

Toute une classe était derrière Natan Gomez

Voilà presque trois semaines, ce jeune habitant de Saint-Privat-des-Vieux a défendu, de son verbe haut, la position de sa classe sur la thématique retenue cette année : “Vos libertés essentielles”. « J’étais partant pour le faire », dit-il. « Déjà, lors de ma prestation pour devenir délégué de classe, j’étais éloquent. Et puis, j’aime bien interpréter. » Mais il fallait écrire un texte. Et si Natan Gomez avait visiblement tout d’une pierre angulaire, ses camarades ont mis la main à la pâte. « Ils étaient tous derrière toi ! », se rappelle Laurence Daboval, professeure de lettres et d’histoire, qui co-intervient sur ce projet avec sa collègue Séverine Fournier, prof d’animation. « C’est ça qui m’a fait plaisir », souffle l’adolescent. Et puis, dit-il, cette expérience a généré « une cohésion » au sein de sa classe de 18 jeunes ayant parfois de forts caractères…

« À la fin, c’est une ambiance de folie. C’est chouette ! »

Cette cohésion s’est d’ailleurs également manifestée le jour de la finale, dans le Tarn, où, comme l’an dernier avec Lamia Chemami (lire ci-dessous), presque tous les élèves ont fait le déplacement. « J’étais stressé. J’ai eu l’impression d’aller trop vite, mais ça s’est bien passé », déclare Natan Gomez. « Dans la salle, mes camarades m’ont bien encouragé. Ils m’avaient fait répéter. Ils m’ont réconforté la veille. » De quoi le mettre dans de bonnes conditions pour déclamer son texte. Une plaidoirie au cours de laquelle le lycéen incarne un « Monsieur Liberté » qui exprime ce qu’il ressent en parcourant le monde, avec pour message final que « nos libertés essentielles sont celles des autres ». Laurence Daboval se souvient de l’ambiance lors des résultats, soit après le passage des quinze candidats : « Tout le monde hurle. À la fin, c’est une ambiance de folie. C’est chouette ! »

« Nous, on propose. On leur dit “Essayons” »

Le lycée Pasteur est devenu un habitué de la finale régionale. Chacune de ses trois participations l’y a conduit avec, notamment, le deuxième prix que Lamia Chemani avait décroché l’an passé. Et l’année prochaine ? « Si la co-intervention est préservée dans le cadre de la réforme du lycée professionnel, avec ma collègue Séverine Fournier, on repart », confie Laurence Daboval, avant de porter son regard vers sa classe de seconde, dont les élèves seraient alors amenés à participer au concours d’éloquence. « Je la sens bien. Et j’ai deux gamins super-forts en français. » « Les bons résultats, ça crée une émulation », constate la prof d’animation. « Nous, on propose. On leur dit “Essayons” et, si ça ne marche pas en cours de route, on arrête. » Natan Gomez se manifeste alors : « Si je peux aider à les chauffer, je serai là ! » Ces enseignantes de Pasteur s’accordent à dire que « des projets comme ceux-là font grandir les jeunes ». Comme le dit également la directrice Corinne Follana : « Participer à ce concours ouvre les jeunes vers l’extérieur. » Elle ajoute d’ailleurs qu’il « est important de développer la partie culturelle du lycée ».

Aujourd’hui, Natan Gomez est toujours sur son petit nuage, même s’il concède qu’il aurait bien aimé être « un petit peu plus haut » sur le podium, voire lauréat du prix Coup de cœur. « Mais troisième, c’est un soulagement et une explosion de joie », précise-t-il. De plus, il est dorénavant « beaucoup moins timide lorsqu’il s’agit de s’exprimer en public ». Lui qui aime le théâtre et en faisait au collège envisage même de s’y remettre. Et pour son avenir professionnel ? « C’est déjà inscrit sur mon curriculum vitæ… », rit-il.

Il a rendez-vous le 11 mars, devant les Grandcombiens

D’ici-là, les Grandcombiens pourront bientôt se familiariser avec le texte qu’a écrit cette classe de Pasteur. En effet, la mairie a convié Natan Gomez à le lire, lundi 11 mars, à 14 heures, dans le square de la Résistance, lors du dévoilement de la plaque en hommage à Mélinée et Missak Manouchian, fraîchement panthéonisés.Le lycée professionnel privé Pasteur organise ses portes ouvertes samedi 23 mars, de 9 heures à midi. Informations au 04 66 34 06 72.

Source Midi-Libre : https://www.midilibre.fr/2024/02/27/natan-gomez-un-cevenol-sur-le-podium-du-concours-regional-deloquence-si-javais-pu-le-crier-sur-les-toits-je-laurais-fait-11791487.php